hiver_guy

Hymne à (j’aime) l’hiver

Une suite à « Hymne à (j’haïs) l’été »

Un poème de Guy de Langlois

 

Oyez, oyez, populace de la basse-ville

Ceci est mon hymne volubile

Oyez, oyez, gensses de la haute-ville

Écoutez tous, garçons comme les filles

 

Le linge laitte d’été est enfin rangé

À moi les hoodies et le carreauté

Parce que suer n’est pas du tout sexy

À moins mille, il n’y a pas de soucis

 

Voyons, toé chose, pourquoi tu chiales?

Au premier flocon, tu pars le bal!

Et pourtant, quand le froid crash les Fahrenheit

Ça te va bien, tes pores sont tellement tight!

 

Sur le trottoir en glace tu pratiqueras

Tes saltos arrières et tes arabesques

Comme une patineuse polonaise tu obtiendras

Une grande carrière de bleus sur les fesses

 

Dans ton lit, tu pourras dormir collé

Sur ta douce moitié ou ton oreiller

Sans avoir à changer tous les jours de draps

Parce que ton corps y suait tout son gras

 

Regarde les enfants, ils jouent dehors!

Mais ne serait-ce pas le petit Victor?

Incapable, dans sa suit de ski-doo, de se gratter la raie

Il apprend la vie à la dure, je dirais

 

Vas-y, garroche-toi dans le chocolat chaud

Cinq, dix, vingt, et grimpent les kilos

De toute façon, que tu sois maigre ou gros

Dans un manteau bouffant, ça paraît pas trop

 

Honte, honte à toi qui peste contre la saison

Parce que ton char à matin te dit non

Épargne-nous tes vulgaires laïus

Et prends-toi donc une carte Opus

 

Compte-toi chanceux, de vivre dans le nordique

Ils n’ont pas de descentes en trippe, au Mexique

Et quand tu seras repu de gâteau aux fruits, de bines et de dinde

Tu n’envieras pas les îles Fidji, la Chine et l’Inde

 

L’enfant au tambour, tu entendras jusqu’à écœurement

Dans les partys de Noël et ceux du Jour de l’An

Mais fais comme moi, oublie que ça existe

Oublie la parenté grâce à Netflix

 

Quand j’entends ta sale gueule encore psalmodier

« Oh, mais j’haïs ça, il fait tellement frette! »

Tu n’as pas d’âme et je te somme de t’excuser

Alors que je finis mon vin chaud dans mes couvertes

 

Prends donc ça du bon côté

Ça ne dure que six mois dans l’année

En plus, à la télé, plein de choses à regarder

Pis, le Canadien fera-tu les séries c’t’année?

 

Embrasse l’hiver, c’est la meilleure des saisons

Pis si t’es pas content, vas-y, déménage don’

C’est tout le temps mieux ailleurs, de toute façon

Aie ben du fun, avec les moustiques du Gabon

 

Inutile d’argumenter, t’es en train de perdre ton temps

Je prendrai moins trente sur plus trente n’importe quand

Viens, on se réchauffera, après avoir claqué des dents

Pis sinon, sacre-ton camp, on se reverra au printemps!

 

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