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Par Guy Langlois

 

J’ai tellement résisté longtemps. Sans m’en vanter, je m’en vantais.

« Ouin, moi, j’ai pas de cellulaire. »

Sous-texte :

«JE SUIS LE DERNIER REPRÉSENTANT DE LA LÉGION DES NON CONNECTÉS DONT TOUS MES SEMBLABLES SONT MORTS AU COMBAT CONTRE LA MACHINE ET JE MIROITE MA SUPÉRIORITÉ INTELLECTUELLE ET SOCIALE ENVERS VOUS TOUS PEUPLE DE SOUMIS AUX TECHNOLOGIES MODERNES COURONNEZ-MOI Ô MOI ROI DU MONDE ET MEILLEUR QUE VOUS TOUS!!!»

Bref.

J’avais pas de cellulaire. Et je pouvais nommer cinquante bonnes raisons de ne pas en avoir un. En ordre alphabétique. Un doigt dans le nez.

Je peux toujours les nommer, ces cinquante raisons. Mais moins fort. Parce que quelques jours avant Nowel, j’ai succombé à l’appel.

Blague de téléphone.

Je me suis acheté un cellulaire.

Mais attention. Je suis encore meilleur que tout le monde. Parce que le mien, il m’appartient. Je l’ai payé. Et je ne suis pas attaché à un forfait. Je l’ai pris à carte. 100 $ pour un an. 30 cennes l’appel. Je me demande comment je vais passer au travers. J’ai vérifié mon solde depuis 3 mois : j’ai dépensé 10 $. Si on fait le calcul, j’ai passé 30 minutes à parler au cellulaire.

Une fois, je me souviens que j’ai appelé un taxi, pogné dans un coin perdu de Neufchâtel. Une autre fois, j’ai appelé mon amie dans une station de métro, pour qu’elle vienne me chercher.

Pour le reste, m’en souviens pas.

En anglais, ils disent : « I wonder what the fuss is all about ».

Messenger, IP, wi-fi, applications de textos gratuits… un cellulaire, ça sert-tu vraiment à appeler, en 2018?

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