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Par Guy Langlois

(Attention : cet article d’opinion contient du chialage et des traces d’amertume)

Je trouve fascinante l’époque dans laquelle nous vivons. Une ère de technologies révolutionnaires inventées au quotidien, qui se surpassent pratiquement d’heure en heure. Un temps où les lubies Trekiennes sont maintenant à la portée du doigt et pratiquement prises pour acquises. Où l’on peut commander un Big Mac en touchant un écran, sans passer par cet horrible intermédiaire qu’est…

 

*bruit de régurgitation retenue*

 

… parler à des gens en vrai…

 

*bruit de violente régurgitation heureusement retenue*

 

Où l’on peut choisir et payer des pantoufles en disant « pantoufles » et « payer » à son téléphone, sans même avoir à l’ouvrir. Une époque incroyable, encore inimaginable il y a 20 ans. Qui aurait cru qu’en 1998, lorsque l’appareil le plus techno que l’on pouvait porter sur soi était un padget de la taille d’un petit pays, que l’on pourrait payer, prendre en photo et partager avec le monde entier le fait de boire un moccachino sur l’instant même avec une machine aussi mince qu’une Kardashian, tenant dans une poche de pantalon serré?

 

Quelle époque fascinante. Vraiment.

 

Fascinante aussi pour une autre raison. Jamais nous n’avons eu autant de moyens de communications, de facilités d’approche, de places publiques virtuelles… et jamais autant personne ne me répond.

 

Incroyable.

 

Je suis de ce genre qui jongle avec quinze projets en même temps. Mon agenda est géré par un strict code de couleurs. Je ne me pose pas la question : « Qu’est-ce qu’il me reste à faire? » mais plutôt : « Qu’est-ce que je n’ai pas fait? ». J’ai du monde pis des choses à swinger d’un bord pis de l’autre, à mettre dans les bonnes cases, aux bonnes dates, toujours, tout le temps. Ma faute? Oui. Je l’ai choisie, cette vie. Et les technologies modernes sont supposées être d’une TELLE UTILITÉ pour gérer de l’instantané.

« Salut chose! J’ai besoin de ton truc pour aujourd’hui. Je te l’avais demandé il y a deux semaines, as-tu reçu mon message? C’est sûr que tu l’as reçu. Je le vois. C’est écrit « vu ». Avec l’heure en plus. Fais-moi pas suer. J’ai tout un groupe qui attend après toi. J’vais te faire mal. T’as rien de mieux à faire. Je le sais. T’arrives chez vous, le soir, tu regardes mon message, tu te dis : « Ouais ouais », tu ouvres Netflix et tu m’oublies. J’vais vraiment te faire mal. »

 

« Merci de me revenir là-dessus. Bonne journée! *bonhomme sourire*  »

 

Si t’as le malheur de m’insulter en m’envoyant, en lieu et place de ce que je t’ai demandé, un pouce bleu, je te jure que je te ferai des choses violentes qui ne peuvent être décrites dans ce blogue corporatif.

 

La clarté avec laquelle un agenda s’affiche désormais sur nos écrans Retina est désemparante. Placer les événements de sa vie dans un ordre compréhensible est d’une telle facilité. En 3D si ça te tente, en plus. Et pourtant.

 

« Heille Guy! Je pourrai pas venir finalement à l’événement auquel je t’avais dit oui, et que t’avais soigneusement organisé. Je m’excuse de tout foutre en l’air. (pas tant que ça) J’aurais voulu te le dire quand je l’ai su, il y a trois semaines. Mais je préfère te le dire à douze heures d’avis. J’ai soudainement la grippe/j’ai mal à quelque part/mon ami de Jonquière descend/je pensais avoir le temps de finir mon ménage/je me suis rendu compte que j’avais pas d’argent/ *insérer une raison générée aléatoirement par le « Générateur d’excuses de m**** express »*. J’espère que tu m’en voudras pas trop! »

 

Oui. Je t’en veux.

 

En bon québécois, on appelle ça du tchôkage. C’est le sport national de tout le monde, ces jours-ci. Veux-tu ben me dire pourquoi tu t’achètes une bébelle à 800 $ pour l’ignorer? Si tu veux vivre dans la villégiature et répondre aux gens par télégramme, fine! Je ne supposerai pas que tu vas répondre de ci-tôt. Et nous vivrons une relation harmonieuse. J’irai même te porter une galette et un petit pot de beurre kin.

 

Mais si j’apprends que ta poche vibre et que tu me laisses de côté, que t’as le moyen de communication le plus rapide en ce moment sur le planète à ta portée et que tu ne daignes y jeter un coup d’oeil, et qu’en pluuuuuuuuuuuuuuuuuuus, ça t’amuses d’inventer des conflits d’horaire pour me faire écumer… je te le jure…

 

Je vais te retrouver. Je sais où t’habites.

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